#GTDSE: Un gros kiff en Chartreuse

Cela fait des mois, des semaines que je vous parle de mon projet #GTDSE , après de nombreuse reconnaissances, de belles sorties de préparation en montagne, voilà enfin que le projet a pris vie samedi 10 septembre de la plus belle des manières!

La veille je me couche tôt, 21h30, mais aucun mal pour m’endormir, tant mieux car le réveil sonne à 4h15. Je prends un petit dej plus conséquent que d’habitude, enfile ma tenue et file dans la voiture. Il est 5h00, c’est l’heure, c’est parti !

La trace ne laisse pas de place aux doutes, aujourd’hui il va y avoir du D+ ! Le chantier commence direct par une belle grimpette dans les escaliers de la Montée du père Dumas à Corenc, une belle mise en jambes. Je poursuis ma première section vers la prairie du Parchet. De nuit les sensations ne sont pas les mêmes, l’esprit est encore embrumé, le dénivelé est toujours plus « simple ».

J’entame ensuite une longue traversée aux pieds des falaises du St Eynard, une suite de montées/descente pas franchement si « cool » que ce que j’avais imaginé, le brouillard de Pyrale du Buis que je dois traverser n’aide pas franchement à prendre de la vitesse. Il y en a de partout, et avec ma frontale je dois être un peu le hotspot du secteur ! Le sentier est plutôt technique, surprenant d’ailleurs car nous ne sommes jamais loin de la civilisation, mais il y a des beaux pierriers ! Le jour commence à se lever !

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Je suis à la recherche de mon chemin, j’hésite, c’est à ce moment que je tombe sur Olivier, presque par hasard, il va me conduire jusqu’au parking des Massons ou m’attend mon collègue David pour m’accompagner jusqu’au Col de la Faita !

Déjà 2h50 depuis le départ, coup de moins bien sur la première partie de l’ascension du Col de la Faita, mais avec mon pacer de luxe ça passe plus vite ! On papote dans la montée, est finalement la forme revient, et nous arrivons au Col de la Faita sous un soleil qui tape déjà fort.

Je prends le temps de bien m’alimenter, de bien boire, David me recharge en eau, merci de t’être lesté pour moi ! David reprend sa route vers la vallée, moi je poursuis en direction des Emeindras, la vue est juste superbe sur le Bec Charvet et la Dent de Crolles !

La descente vers les Emeindras est toujours un moment magique, la vue sur Chamechaude y est vraiment classe. Quand je vois le sommet de Chamechaude, je me dis que j’ai encore du chemin, c’est mon prochain objectif !

Je traverse la prairie, et me lance à l’assaut de Chamechaude. La première partie est en forêt, je suis à l’abris du soleil et de la chaleur, c’est un moment bien agréable après plus de 5h00 d’efforts. J’avais déjà reconnu ce passage, bien raide, alors j’y vais tranquillement, et finalement débouche sans trop de difficultés au Habert de Chamechaude. Je suis encore relativement frais physiquement, je bois juste énormément d’eau pour lutter contre la chaleur.

Une belle traversée sous Chamechaude m’attend, le sentier devient plus sauvage, la vue est un bon moteur et le % de pente relativement doux aide à bien profiter de l’instant. Ce petit sentier en balcon nous laisse apercevoir toute la beauté du massif de la Chartreuse, plus j’y vais plus je l’aime ce massif !

J’arrive aux pieds du jardin, un cours passage ou les mains sont nécessaire, je renseigne un groupe de marcheurs, visiblement un peu perdu. Deuxième fois que j’empreinte cet itinéraire, probablement le plus sympas pour une ascension « atypique » de Chamechaude, plus sauvage et surtout avec beaucoup moins de monde ! Petite redescende, prudente, dans un pierrier visiblement encore humide de la rosée du matin. Le sentier emprunte ensuite une jolie sangle, coincé dans une barre rocheuse.

Je rejoins l’itinéraire classique dans les derniers mètres, les cuisses commencent à montrer des signes de fatigue et j’atteins Chamechaude après 7H20 d’efforts et déjà 2600 mètres de D+.

Je profite d’être au sommet pour brancher ma batterie externe sur la montre, histoire de ne pas tomber en rade. Je ne traîne pas trop au sommet, c’est mon 3eme passage ici en moins de 3 semaines, mais quand on aime on ne compte pas ! J’ai le Col de Porte en vue, je sais que ma petite famille, mes parents m’y attendent pour une pause qui va faire du bien ! Je suis à sec d’eau, alors je ne traîne pas trop dans la descente, rapidement j’arrive sur la piste forestière qui me permet d’éviter de m’éclater les cuisses dans les pistes de skis.

J’aperçois mon fils, il court vers moi, ma femme et mon second ne sont pas loin, le plaisir est immense de les savoir à mes côtés dans mon aventure du jour !

La pause s’impose, sur les sentiers depuis plus de 8 heures j’ai besoin de me reposer un peu. Ravito de luxe, petit fauteuil de camping, St Yorre, soupe de patte, tarte, pain, fromage, bref le top du top.

Ma famille est autour de moi, c’est un moment magique, j’en profite pour bien me recharger en énergie. Au bout de 45 minutes, l’alarme de mon téléphone sonne, il faut se remettre en route. Je fais le plein d’eau, et repart chargé comme un mulet, mais pas envie de tomber en rade.

Les premiers mètres sont difficiles, ce petit pic-nic bucolique été bien agréable. Je retrouve rapidement une piste forestière, puis un sentier qui grimpe en direction de mon nouvel objectif : La Pinéa. Un sommet que je ne connais pas, je me suis gardé quelques surprises pour cette journée. L’ascension se fait dans une chaleur lourde, le temps est orageux, ça grogne un peu au-dessus. A quelques mètres du sommet la pluie s’invite, rendant les rochers hyper glissant. Je profite quand même de la vue assez spectaculaire depuis La Pinéa.

La pluie s’intensifie, je sors la veste, et je file en direction de Sarcenas. Une longue descente de 700 mètres qui mettent à mal mes pieds, la chaleur conjuguée à la pluie n’arrange pas les choses. En perpétuelle débutant que je suis, je n’ai pas mis de NOK, et j’ai franchement hyper mal aux pieds, ça brûle ! J’arrive tant bien que mal à Sarcenas, et une petite bosse de 200 mètres de D+ me sépare du Sappey En Chartreuse. Il me faudra plus d’une heure pour arriver au Sappey. Musculairement tout va bien, mais j’ai décidément trop mal aux pieds. Je suis seul dans la montagne depuis plusieurs heures, accompagné j’aurais probablement continuer, mais samedi, au Sappey j’avais mon compte !

Je passe un coup de téléphone pour que l’on vienne me chercher, j’affiche un grand sourire, je suis ravi de ma journée. D’autres auraient pu vivre cela comme un échec, je vis ça comme une victoire ! Je stop certes avant la fin, 8 petits kilomètres, mais intérieurement j’ai réussi mon défi !

J’ai pris mon temps, j’ai pris du plaisir en montagne pendant plus de 12 heures, j’ai partagé quelques kilomètres avec d’autre coureurs, j’ai partagé ce moment avec ma famille, que vouloir de plus !?

Je suis finisher de rien du tout, pas de t-shirt, pas polaire sans manches, pas d’arche d’arrivée, juste un traileur anonyme qui a vécu un rêve, à quand le prochain !!??

Distance totale: 41945 m
Denivelé total positif : 4477 m
Vitesse moyenne: 5.27 km/h
Durée totale: 12:12:58
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En super-bonus, la marque Suunto avais lancé un « challenge » sur Twitter, trop content je gagne un buff avec mon défi #GTDSE !

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