Retour

Trois jours en totale autonomie sur le Plateau d'Ambel

Trois jours en totale autonomie sur le Plateau d'Ambel

En plein cœur du Vercors, le Plateau d’Ambel se dévoile comme un trésor pour tout aventurier désireux de s’immerger dans la nature. Avec mon épouse, nous avons décidé de nous offrir une escapade de trois jours dans ce havre sauvage. Non seulement cette aventure était une occasion de se ressourcer loin du tumulte du quotidien, mais elle nous a aussi donné l’opportunité de tester notre équipement en prévision de notre périple sur le Chemin de Stevenson l’année prochaine. Trois jours, trois récits, voici le journal de notre immersion en autonomie au cœur du Vercors.

Jour 1 : Les Premiers Pas et Lumière d’Or sur le Plateau

La journée commença comme une autre, avec les tâches habituelles d’un freelance, les échanges professionnels et les claquements de touches. Pourtant, à l’horizon se dessinait un projet bien différent : une évasion en montagne, loin des écrans et des notifications. Ce jour-là, le Vercors était notre objectif, avec un plan bien précis en tête.

Un passage nécessaire sur notre route : “La Vacherie”. Ce fut notre point de rendez-vous avec ma mère. Une rencontre furtive, mais chargée d’émotion : il s’agissait de lui confier nos enfants le temps de cette aventure. Les câlins, les baisers et les “prenez soin de vous” furent échangés avant de reprendre la route, le cœur léger mais déjà empli d’une douce nostalgie.

Peu après, notre voiture trouva sa place au Grand Échaillon. Les premiers pas étaient vibrants d’excitation. Le Col de la Bataille se profilait à l’horizon, nous y parvenions avec l’enthousiasme des explorateurs. Mais c’est le chemin en balcon sous le Roc de Toulau qui nous a véritablement émerveillés. À cette heure, la lumière dorée d’une fin d’après-midi baignait le paysage, enveloppant chaque roche, chaque brin d’herbe, dans une ambiance presque magique.

Conscients des règles encadrant les zones de bivouac, nous avons choisi notre emplacement avec soin. À une distance respectueuse du refuge d’Ambel, nous avons planté notre tente. Non loin, la source du refuge offrait une eau pure et fraîche, cadeau inestimable après une journée riche en émotions et en découvertes.

La nuit tombait doucement sur le Vercors, annonçant deux jours d’aventures encore à venir…

Jour 2 : À travers le Plateau d’Ambel, entre Forêt, Alpages et Moments de Quiétude

Le réveil au cœur du Vercors est un doux privilège. La nuit a été profonde et réparatrice, grâce à notre nouvelle tente et ces matelas gonflables qui semblent avoir été conçus pour nous. Le silence de la montagne est ponctué par le doux sifflement de notre réchaud. Le café du matin, préparé ici, en pleine nature, prend une saveur inédite, plus intense, plus authentique. Il y a ces petits plaisirs que seule la montagne peut offrir.

Mais la journée qui nous attendait ne nous permettait pas de trop traîner. Le Plateau d’Ambel avec ses vastes étendues nous appelait. Après avoir replié notre campement et chargé nos sacs, la première étape était cruciale : faire le plein d’eau. Le plateau, aussi beau soit-il, est avare en sources. Nous avions besoin de huit litres pour nous deux, une nécessité pour affronter la journée sereinement.

La forêt fut notre premier terrain de jeu. Une montée s’offrit à nous dès le départ, exigeante mais tempérée par la douceur matinale. Au cœur de cette verdure, une halte au refuge de Tubanet se profilait. Si beau, si paisible, nous n’avons pas résisté à l’appel d’un second café, chauffé sur place, apprécié avec une satisfaction non dissimulée.

Le Plateau d’Ambel se dévoila dans toute sa splendeur avec ses alpages presque lunaires. Une halte ombragée pour le déjeuner, pendant laquelle j’ai succombé à une mini-sieste, rechargea nos batteries. La suite s’annonçait grandiose avec un passage par la Tête de la Dame. Le panorama sur le plateau de Font d’Urle était à couper le souffle, une carte postale vivante.

L’après-midi nous a réservé son lot de surprises : une pause au Pas du Gouillat m’a offert, en bonus, une rencontre imprévue avec une tique. Heureusement, mon épouse, attentive, a su la repérer et la retirer à temps.

La journée se termina non loin du refuge d’Ambel, notre bivouac du soir. La source à proximité nous offrit l’opportunité d’une rapide “toilette de chat”. La nature, nos sacs, la marche, le silence… C’était le Vercors dans tout ce qu’il a de plus beau. Encore une nuit sous ces étoiles, avant le troisième et dernier jour de notre aventure.

Jour 3 : Sur les Crêtes et Retour à la Civilisation

La dernière nuit fut la meilleure. Le doux chant de la montagne berça notre sommeil et nous offrit des rêves empreints de liberté. Mais ce matin-là, pas question de traîner. L’air frais du petit matin était une invitation à lever le camp rapidement. Tout en pliant la tente, les premiers rayons du soleil venaient caresser nos visages, rappelant qu’une belle journée s’annonçait.

Assis, face à l’immensité, le petit déjeuner et le café prenaient une saveur exceptionnelle. Toutefois, l’aventure nous attendait. Le Pas du Gouillat et le Col de la Bataille furent nos premiers défis du jour. Une belle randonnée le long d’un GR bien tracé et sans grande difficulté. Le rythme était fluide, chaque pas nous rapprochait de notre objectif : les crêtes des Rochers de la Sausse.

Le panorama était à la hauteur de nos attentes : une vue imprenable sur le vallon menant vers Omblèze, et en face, le majestueux Roc de Toulau se dressait. Cependant, certaines portions de l’itinéraire, un peu trop aériennes, ont suscité quelques inquiétudes. Mais mon épouse, avec sa force intérieure et son courage, a su surpasser ses peurs. Elle a adapté, par endroits, notre chemin pour éviter le vide, tout en restant fidèle à notre trace prévue. Sa bravoure face aux défis me rend chaque jour un peu plus fier d’elle. Cette aventure me rappelle aussi combien il est essentiel de bien préparer nos itinéraires pour qu’ils soient adaptés à nous deux, en tenant compte de nos forces et de nos limites respectives.

Quelques erreurs dans mon itinéraire nous ont fait faire un détour sur un sentier pentu et caillouteux, rendant la descente un peu plus exigeante pour nos jambes déjà fatiguées.

Et puis, au bout de l’effort, la voiture est apparue. Une bouffée de soulagement nous a envahis, tout autant que l’anticipation de cette douche tant attendue.

Ces trois jours en immersion dans le Vercors nous ont rappelé combien la montagne est précieuse, combien elle nous ressource, nous émerveille, mais aussi nous met au défi. Une expérience inoubliable.

Conclusion

Alors que nous quittions ces hauteurs majestueuses, un sentiment de gratitude nous envahissait. Le Vercors, avec ses reliefs et ses panoramas à couper le souffle, avait été le théâtre d’un voyage intérieur autant que d’une aventure physique. Nos pas, au rythme des montées et descentes, avaient tracé un chemin d’émotions et de découvertes partagées. Chaque instant vécu ici, chaque défi relevé, chaque sourire échangé, renforçait le lien unique qui nous unit. Et même si cette escapade touchait à sa fin, notre soif d’aventure demeurait intacte.

Il y a tant de montagnes à explorer, tant de sentiers à parcourir, tant de lever et de coucher de soleil à admirer. Le monde est vaste et nous n’en sommes qu’au début de nos explorations. Chaque sommet conquis ouvre la perspective d’un autre, chaque horizon franchi révèle un nouveau défi. Et nous sommes prêts, main dans la main, à nous lancer vers de nouvelles aventures, toujours avec cette soif inextinguible de découverte et de partage.